Comment la filière spatiale s’engage dans la lutte contre son empreinte carbone
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EN BREF
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La filière spatiale, sous l’impulsion du ministère de l’Économie et du CNES, a élaboré une feuille de route de décarbonation visant à réduire son empreinte carbone. Cette initiative est le fruit d’une collaboration au sein du Comité de concertation entre l’État et l’industrie sur l’espace (Cospace) et s’inscrit dans les objectifs ambitieux de la Stratégie nationale bas-carbone pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.
La méthode commence par un état des lieux de l’impact environnemental du secteur, qui montre que bien que les lancements de satellites soient souvent perçus comme les principaux contributeurs, d’autres aspects comme les équipements au sol et le traitement des données jouent un rôle significatif. Onze leviers ont été identifiés pour agir sur des thématiques clés, notamment l’écoconception, l’optimisation des transports et une meilleure gestion des données.
Enfin, la décarbonation est envisagée comme un moteur d’innovation, permettant à l’industrie de renforcer sa compétitivité tout en répondant aux défis environnementaux actuels.
Face à l’accélération du changement climatique, la filière spatiale prend des initiatives concrètes pour réduire son empreinte carbone. La loi Climat et résilience impose des stratégies de décarbonation aux secteurs industriels les plus émetteurs, et la filière spatiale s’inscrit dans cette démarche depuis 2023. À travers un travail collaboratif mené par le CNES, les acteurs du secteur ont élaboré une feuille de route qui vise à ajuster leurs activités pour respecter les objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050. Cet article s’attarde sur les différentes stratégies et actions mises en œuvre pour diminuer l’impact environnemental de cette industrie.
Le contexte législatif et l’urgence climatique
Les récentes législations, comme la loi Climat et résilience, ont incité divers secteurs, y compris celui de l’espace, à réfléchir sur leur impact environnemental. Ce cadre réglementaire vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre, promouvant des pratiques respectueuses de l’environnement. L’objectif de neutralité carbone d’ici 2050 impose un équilibre entre les émissions et leur absorption, ce qui place la nécessité d’une décarbonation à la fois comme une obligation légale et une responsabilité sociale.
La feuille de route de décarbonation
La feuille de route de décarbonation de la filière spatiale a été présentée lors du Salon du Bourget de 2023. Ce cadre d’action a été construit grâce au soutien du ministère de l’Économie et à la collaboration des principaux acteurs du secteur. Le CNES a joué un rôle crucial dans cette initiative, qui est considérée comme une première parmi les nations spatiales. L’engagement à décarboner le secteur consiste non seulement à réduire les émissions, mais également à stigmatiser et corriger les idées reçues sur l’impact carbone de l’industrie spatiale.
État des lieux de l’empreinte carbone
Pour mieux appréhender l’impact de l’industrie spatiale, un état des lieux a été effectué, permettant de calculer son empreinte carbone. En tenant compte des différentes composantes, de la conception à l’exploitation, il est démontré que le secteur représente environ 0,3% des émissions nationales de la France. Ce diagnostic a permis de révéler que contrairement à des croyances courantes, l’impact des lancements n’est qu’une partie du problème, l’ensemble de la chaîne de valeur y contribuant de manière significative.
Les activités au sol, notamment liées à la gestion des données et aux infrastructures de lancement, constituent également des sources non négligeables d’émissions de carbone. À mesure que le nombre de satellites et de services spatiaux croît, la filière doit aborder l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement avec une approche plus systémique.
Les leviers de décarbonation identifiés
Sur la base des analyses menées, le groupe de travail a dégagé plusieurs leviers d’action pour réduire l’empreinte carbone du secteur spatial. Ces leviers se déclinent en cinq thématiques principales, auxquelles sont associés des initiatives concrètes pour améliorer l’efficacité énergétique à chaque étape des processus.
Optimisation des consommations énergétiques
La première thématique concerne l’optimisation des consommations énergétiques tout au long des phases de développement, de qualification et de fabrication. Cela inclut l’adoption de technologies et de procédés moins gourmands en énergie, permettant ainsi de réduire l’impact environnemental sans compromettre la qualité des services offerts.
Écoconception et matériaux durables
Un autre axe important est l’écoconception, qui vise à intégrer des matériaux durables et des procédés industriels respectueux de l’environnement dans la fabrication des équipements spatiaux. La sélection des matériaux doit prendre en compte leur cycle de vie et leur impact environnemental, depuis l’extraction jusqu’à leur élimination.
Rationalisation des transports et de la logistique
Les moyens de transport et la logistique joue un rôle central dans l’empreinte carbone globale. Il est donc impératif d’optimiser les chaînes logistiques pour réduire les déplacements inutiles et maximiser l’efficacité des opérations. Cette approche vise à limiter les pertes de ressources et les émissions associées aux transports.
Gestion des données et infrastructures
Un défi fondamental réside également dans la gestion des données et des infrastructures. Avec la montée en puissance de l’utilisation des services spatiaux, le volume de données générées est immense. Maximiser l’accessibilité tout en minimisant le stockage superflu est crucial pour réduire l’empreinte environnementale de l’ensemble du secteur.
Partenariats publics-privés et innovation
Pour que ces leviers soient effectivement mis en œuvre, il est essentiel que les acteurs publics et privés collaborent. La feuille de route de décarbonation incite les entreprises à inscrire leurs décisions stratégiques et opérationnelles dans cette dynamique. Les partenariats sont nécessaires pour développer de nouveaux services et infrastructures qui répondent aux exigences environnementales.
Tableau de bord pour le suivi des engagements
La création d’un tableau de bord permettra aux entreprises de suivre leurs engagements et d’évaluer leur avancée dans la réduction de leur empreinte carbone. Ce dispositif de mesure et de bilan joue un rôle clé dans le maintien d’une transparence et d’une responsabilité au sein de l’industrie spatiale.
Les enjeux d’innovation et de compétitivité
Au-delà des obligations légales, la décarbonation représente un véritable enjeu d’innovation et de compétitivité économique pour la filière spatiale. Les acteurs de cette industrie doivent continuellement réinventer leurs processus afin de rester à la pointe de la technologie tout en respectant l’environnement.
Recherche et développement
La recherche et le développement sont au cœur de l’innovation dans le secteur. En investissant dans des ruptures technologiques qui favorisent la durabilité, les entreprises peuvent non seulement diminuer leur empreinte carbone, mais également développer de nouveaux produits et services qui répondent aux besoins d’un marché en évolution.
Affronter les défis de la transition écologique
Les défis liés à la transition écologique nécessitent également une réponse stratégique face à la variabilité des prix de l’énergie et aux difficultés d’accès aux matières premières. Ces enjeux imposent aux industriels de diversifier leurs approvisionnements et de rechercher des alternatives plus durables.
Les impacts positifs des activités spatiales sur le climat
Bien que les activités spatiales aient leur empreinte carbone, elles apportent également des solutions précieuses dans la lutte contre le changement climatique. Par exemple, le satellite MicroCarb, lancé récemment, est dédié à la mesure des concentrations de CO2, illustrant ainsi comment les technologies spatiales peuvent contribuer à la surveillance environnementale.
Missions d’observation de la Terre
Des initiatives comme le programme Copernicus, dédié à la surveillance terrestre, fournissent des données essentielles pour comprendre les phénomènes environnementaux. Ces missions d’observation de la Terre permettent aux scientifiques et aux décideurs de disposer d’informations fiables pour mieux anticiper et répondre aux défis climatiques.
Technologies pour la résilience climatique
Les technologies spatiales jouent également un rôle crucial dans la résilience climatique. Elles offrent des outils pour analyser des données complexes et élaborer des stratégies efficaces pour limiter les effets du changement climatique. En intégrant ces technologies dans la lutte contre le changement, la filière spatiale démontre son engagement à contribuer à un avenir durable.
Le parcours vers la réduction de l’empreinte carbone de la filière spatiale est en cours, encerclant une multitude de pratiques innovantes et des accords de collaboration. Ce cadre ambitieux place la filière au cœur de la lutte contre le changement climatique, favorisant une transformation nécessaire pour respecter les exigences environnementales et créer un écosystème spatial plus durable. Pour suivre les évolutions et les engagements de la filière dans sa décarbonation, il est possible de consulter la feuille de route mise en place par le CNES et les acteurs du secteur.
Pour en savoir plus sur les engagements de la filière spatiale, n’hésitez pas à explorer les ressources suivantes :
- Urgence santé climat – L’engagement de la filière spatiale
- Polytechnique Insights – L’empreinte carbone des activités spatiales
- CNES – La filière spatiale mobilisée
- Document PDF – Les défis à venir
- Sciences et Avenir – Bilan carbone de l’industrie spatiale

Engagement de la filière spatiale dans la lutte contre son empreinte carbone
La filière spatiale, consciente de son impact sur le changement climatique, a entrepris des démarches significatives pour réduire son empreinte carbone. Cela commence par la réalisation d’un état des lieux complet des émissions de carbone liées à ses activités. Ce bilan permet d’identifier les diverses sources de pollution au sein de l’industrie, allant des lanceurs aux satellites, sans oublier la gestion des données. Grâce à cette approche, il est apparu que les activités de lancement ne constituent pas l’unique source d’émissions, mais que la plupart proviennent de l’infrastructure au sol et de la gestion des données.
Emmanuel Bourdoncle, chef de projets à la Direction générale des entreprises, a souligné que « la généralisation de la connectivité par satellite entraîne une multiplication des terminaux au sol », qui représentent actuellement l’essentiel des sources de pollution. L’augmentation prévue du nombre de lancements en Europe pourrait voir ces données évoluer, mettant en lumière la nécessité de projets d’innovation pour maîtriser ces aspects.
La feuille de route élaborée par le comité de concertation Cospace présente une série de leviers stratégiques pour réduire l’empreinte carbone. Laurence Monnoyer-Smith, directrice au CNES, exprime l’ambition de la filière : « Notre objectif est de réinventer nos processus et d’encourager l’optimisation des transports et de la chaîne logistique. » Cela implique également la recherche de matériaux plus durables et le développement de l’écoconception, afin de minimiser l’impact environnemental des projets spatiaux.
Les acteurs de l’industrie se montrent proactifs et voient dans ce défi une occasion d’innovation. « Cette dynamique est le signe de la maturité de l’industrie française », insiste Emmanuel Bourdoncle, qui souligne l’importance d’une collaboration efficace entre acteurs privés et publics pour promouvoir des solutions techniques novatrices. La feuille de route de décarbonation est ainsi perçue comme un catalyseur pour renforcer la recherche et le développement dans ce secteur crucial.
Il est essentiel de rappeler que si les activités spatiales contribuent aux émissions de carbone, elles apportent également des solutions pour faire face aux enjeux environnementaux. Des missions comme le satellite MicroCarb, dédié à la mesure des concentrations de CO2, illustrent comment la filière spatiale joue un rôle clé dans la compréhension des phénomènes climatiques.



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