Pas-de-Calais : Alexis Bur privilégie l’herbe à la place du maïs pour nourrir ses vaches
|
EN BREF
|
Dans le Pas-de-Calais, Alexis Burette innove sur la ferme familiale en privilégiant l’herbe plutôt que le maïs pour nourrir ses vaches laitières. Après avoir observé les défis liés à la fluctuation des prices des matières premières, il introduit des prairies temporaires dans la rotation des cultures, ce qui a entraîné une amélioration significative de la qualité des sols et une augmentation de la production laitière. Sa démarche s’inscrit dans un objectif de soutenabilité et de réduction des engrais azotés tout en cherchant à améliorer la santé animale.
Dans le Pas-de-Calais, Alexis Burette a entrepris une transformation significative de l’exploitation laitière familiale en optant pour une alimentation à base d’herbe au lieu du maïs. Ce choix, motivé par un désir d’autonomie et de durabilité, s’inscrit dans une démarche agroécologique visant à améliorer la santé des sols et des animaux tout en réduisant le recours aux engrais et en augmentant la rentabilité de l’exploitation. À travers des pratiques innovantes telles que l’introduction de prairies temporaires et le semis direct, Alexis et sa famille reposent l’avenir de leur ferme sur une agriculture durable et respectueuse de l’environnement.
Une tradition familiale à Fleurbaix
La ferme familiale des Burette, située à Fleurbaix, dans le Pas-de-Calais, a toujours été synonyme de travail acharné et de passion pour l’agriculture. Alexis Burette, qui a pris part aux rênes de l’exploitation depuis le début de l’année 2026, a hérité des efforts de ses parents, Jean-Marc et Élisabeth, qui ont toujours œuvré pour améliorer la productivité de leurs vaches laitières tout en étant respectueux de l’environnement. Avec un cheptel de 65 vaches laitières et une production de 690 000 litres de lait par an, la ferme comprend également 85 hectares de cultures, un héritage précieux que le jeune homme transforme avec des méthodes modernes.
Une innovation après la guerre en Ukraine
La décision d’Alexis d’introduire des prairies temporaires dans la rotation de cultures est intervenue après la flambée des prix des matières premières à la suite du conflit en Ukraine. Il a remarqué que la réalité du marché rendait le système traditionnel à base de maïs plus risqué, et l’apparition de résistances sur certaines adventices soulignait le besoin de changement. Le jeune agriculteur a donc opté pour une approche plus durable, en utilisant des techniques ancestrales qu’il a modernisées, comme l’enherbement pour le désherbage.
L’importance de l’enherbement
Utiliser l’herbe pour gagner en autonomie et réduire les coûts d’engrais est une approche dont Alexis se fait le fervent promoteur. En trois années consécutives de prairies, les adventices telles que les vulpins ont été supprimées en les fauchant régulièrement, entraînant une amélioration significative de la structure des sols. Selon Alexis, le maïs qui succède aux prairies a affiché un rendement exceptionnel, montrant que des pratiques innovantes peuvent mener à des résultats tangibles.
S’adapter au changement climatique
Avec le réchauffement climatique qui bouleverse les certitudes en agriculture, la famille Burette s’efforce de sécuriser ses stocks fourragers tout en réduisant la part de maïs et de colza dans l’alimentation de ses vaches. Alexis travaille aux côtés d’un agronome pour identifier des alternatives plus durables et adaptées aux nouvelles conditions climatiques, ce qui constitue un pivot crucial pour l’avenir de leur exploitation.
Des échanges fructueux dans un réseau d’éleveurs
Alexis ne travaille pas en solitaire dans cette quête d’innovation. Grâce à des échanges via WhatsApp avec d’autres éleveurs passionnés par les nouvelles techniques, il puise dans l’expérience collective pour affiner ses choix de cultures et maximiser l’autonomie protéique de sa ferme. Ces échanges renforcent l’idée que la collaboration et le partage d’expériences sont essentiels pour naviguer dans les défis contemporains de l’agriculture.
Optimisation des ressources et meilleures pratiques
Les tests menés sur la ferme sont rigoureusement suivis. Avec l’aide de sa sœur Célestine, qui compile les données de chaque essai, Alexis s’assure que chaque dépense et économie est notée. L’objectif est de maximiser les rendements tout en garantissant la santé des sols et des vaches. En raison de leur expérience avec les mélanges prairiaux, ils espèrent bientôt rivaliser avec le maïs ensilage en termes de volume.
Des résultats tangibles pour l’environnement
Les opérations menées dans la ferme ont permis de réaliser des progrès concrets dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Jean-Marc, en pionnier des fermes laitières bas carbone, a déjà pris des mesures qui ont abouti à une diminution de plus de 20 % de ces émissions. Ces résultats sont le fruit d’une série de pratiques, comme la réduction de l’âge au vêlage, la valorisation du fumier et l’utilisation optimisée des engrais.
La technologie au service de l’agriculture
Alexis a su tirer parti des technologies modernes pour améliorer l’efficacité de son exploitation. L’introduction d’un localisateur d’engrais, par exemple, a permis de diminuer la consommation d’engrais tout en maintenant des rendements. Ce type d’innovation souligne l’importance d’intégrer de nouvelles techniques et équipements afin de répondre aux défis d’une agriculture moderne et durable.
Le semis direct et ses avantages
Les nouvelles pratiques telles que le semis direct sous couvert démontrent que la ferme familiale se dépasse constamment. En semant du blé sous couvert de trèfle vivant, Alexis a réussi à réduire la consommation de fioul à l’hectare, tout en augmentant le rendement des cultures. Cette méthode met en avant l’importance d’un sol en bonne santé, qui favorise non seulement des plantes plus résilientes mais aussi des vaches plus productives et en meilleure santé.
Amélioration des performances laitières
Une des fiertés d’Alexis réside dans l’augmentation de la production laitière par vache. Grâce à l’intégration de l’herbe dans l’alimentation, il a pu observer une réelle progression, avec un gain impressionnant de 1000 litres de lait par vache sur une année. Ce succès parle de lui-même et souligne l’efficacité d’une approche qui priorise la santé des animaux et la durabilité des cultures.
Un soutien financier pour la transition
La ferme d’Alexis a aussi bénéficié d’un prêt à taux préférentiel grâce à l’offre « Transition+ » de Crédit Agricole Nord de France, qui vise à soutenir les agriculteurs dans leur cheminement vers des pratiques agroécologiques. Cette aide financière est cruciale pour pouvoir investir dans des projets innovants et durables, sans se pencher uniquement sur des solutions matérielles nouvelles.
Engagement envers la productivité durable
Les efforts d’Alexis Burette sur la ferme familiale sont une source d’inspiration dans le secteur agricole. En réorientant la production vers une approche qui privilégie l’utilisation d’herbe, tout en bénéficiant de l’expérience de ses parents et des évolutions technologiques, il contribue activement à construire une agriculture respectueuse de l’environnement. Ce modèle peut servir d’exemple pour d’autres exploitations, montrant que le changement est non seulement possible, mais également bénéfique pour le futur.
Perspectives d’avenir pour l’exploitation
Avec des résultats prometteurs en matière de production laitière et une approche agroécologique bien développée, l’exploitation des Burette semble bien positionnée pour l’avenir. Alexis, en tant que représentant de la nouvelle génération d’agriculteurs, incarne l’espoir d’une agriculture durable et résiliente. À l’heure où le secteur doit relever des défis environnementaux significatifs, son engagement en faveur de la santé des sols et des animaux est un atout précieux pour naviguer dans ce contexte complexe.

Alexis Burette : L’herbe au coeur de l’alimentation des vaches laitières dans le Pas-de-Calais
À Fleurbaix, dans le Pas-de-Calais, Alexis Burette, jeune agriculteur dynamique, a décidé d’innover en introduisant de l’herbe dans un système d’alimentation habituellement centré sur le maïs. Ce choix audacieux résulte d’une volonté de répondre aux défis modernes de l’élevage laitier tout en respectant l’environnement.
« Le déclencheur a été la flambée des prix des matières premières due à la guerre en Ukraine », raconte Alexis. Face à cette situation, il a compris qu’il fallait changer les pratiques agricoles pour mieux sécuriser l’alimentation de ses 65 vaches laitières. En intégrant des prairies temporaires dans la rotation des cultures, il a réussi à réduire la dépendance aux cultures de maïs.
Jean-Marc, son père, reconnaît que cette transition est une belle opportunité pour la ferme familiale. « Nous avons observé que le maïs, autrefois considéré comme une valeur sûre, devient incertain avec le changement climatique. Alexis a donc vu juste en diversifiant nos cultures », explique-t-il. Ensemble, ils expérimentent des solutions comme le semis direct sous couvert et l’introduction de nouveaux mélanges prairiaux.
Les résultats sont au rendez-vous. « Après trois ans de prairies, notre maïs post-prairie a été notre meilleur. Cela prouve que l’enherbement est une solution viable », se félicite Alexis. La famille constate également une amélioration significative de la santé de leurs sols et de la qualité de lait, avec un gain de 1 000 litres par vache en un an.
Épaulée par un agronome, la famille Burette s’attache à bâtir un élevage plus durable. L’ajout d’herbe dans la ration alimentaire contribue également à réduire les gaz à effet de serre, un enjeu crucial pour la planète. « Cela fait partie de notre philosophie : des animaux en meilleure santé entraînent des pratiques agricoles plus durables », conclut Alexis avec conviction.



Laisser un commentaire